Chers visiteurs de passage et amis lecteurs, je vous salue !

Apocalypse 1 : 8
"Je suis l'alpha et l'Oméga, le commencement et la fin, dit le Seigneur, Celui QUI EST, et QUI ÉTAIT, et QUI SERA, le Tout-Puissant."

Alpha et Omega Première let dernière lettre de l’alphabet Grec. En réalité Jésus-Christ qui parlait le plus souvent en Araméen n’a jamais dit en Apocalypse 1 : 8, 21 : 6 et 22 :13 je suis l’Alpha et l’Oméga car il serait étonnant que Dieu dans son ciel de gloire parle dans la langue des idolâtres. En réalité le Christ a plus certainement dit à Jean, je suis l’Aleph et le Thaw, lettres qui ont une signification beaucoup plus riche. Aleph représente symboliquement (le premier, le maître et un taureau) et le Thaw représente symboliquement (une marque, un signe, une croix). Christ a donc dit : « je suis le premier et le dernier, mais aussi je suis le maître qui est mort sur la croix qui est le signe de votre délivrance ». C’est quand même beaucoup plus beau !


Que la grâce et la paix du Seigneur soient avec nous et avec nos esprits, dans le Nom de Jésus, amen !
Je me présente dans la rubrique : "Qui suis-je ?"
Je vous souhaite le meilleur pour aujourd'hui et demain. Que vous puissiez rencontrer Jésus et être sauvés est mon souhait pour vos vies. Que Dieu Vous Bénisse.

Verset aléatoire :

INFOS SUR CE BLOG ET AUTRES...

Chers visiteurs de ce blog, je vous salue !

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En 2010, vous trouverez un espace pour vos PRIERES chaque mois, que vous pourrez utiliser toutes les années qui suivront, mois par mois, selon le moment où vous souhaiterez déposer vos prières.

En 2010, j'ai déposé chaque semaine des VERSETS à méditer que vous pouvez encore étudier les années suivantes aussi, car ce sont les enseignements de la parole vivante pour tous les jours !

Pour les années suivantes, je n'ai pas repris ces rubriques, car vous pouvez les retrouver dans le menu des archives pour vos besoins.

Je continuerai à éditer des messages d'édification, d'exhortation, sur l'occultisme, la fin des temps, etc.

Je vous bénis, à bientôt au fil des articles à suivre...
Votre dévouée en Christ, Flo.

samedi 22 décembre 2012

Le caractère central de la croix. 6/10



Article de Jessie Penn-Lewis.

La vie de l'esprit et ses lois.
Source http://www.worldinvisible.com/library/jessiepenn-lewis/8791/879106.htm
Nous publions ici une série d'articles correspondant aux différents chapitres d'un livre écrit par Jessie Penn-Lewis. Cette série d'articles est destinée à nous permettre d'approfondir l'œuvre de la croix, essentielle pour notre sanctification.

"Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli" (Romains 7 :6).

La croix et la vie dans l'esprit.

Mon message précédent, centré sur le côté positif de la croix, celui de la vie de résurrection, était concerné plus par le mot "vie" que par le mot "esprit". En parlant de la vie de résurrection de Christ, nous avons vu que notre esprit était uni à l'Esprit de Christ, pour former avec Lui un seul esprit. Au début de ma vie chrétienne, je pensais que tout ce qui se passait dans mon esprit était dû à l'action du Saint-Esprit, parce que je n'avais pas compris clairement tout ce que la Bible dit à propos de l'esprit humain. Etudions à présent cette question.

  1. Il existe un esprit humain.

1 Corinthien 2 :11 le montre clairement : "Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui ?" Qui peut donc connaître ce qui se passe en nous, si ce n'est notre esprit, qui se trouve en nous ? L'apôtre ajoute : "De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu". Personne ne peut connaître nos pensées les plus profondes, sauf si nous les révélons. De même, nous ne pouvons rien connaître de Dieu, à moins que Son Esprit nous le révèle. "Or nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce" (verset 12). Nous voyons donc que l'esprit de l'homme est une réalité. C'est cet esprit qui peut connaître les choses de l'homme, de même que seul l'Esprit de Dieu peut connaître les "profondeurs de Dieu". En outre, Dieu donne Son Esprit aux hommes qui Le reçoivent, afin qu'ils puissent comprendre les choses de Dieu, par Son Esprit. Si le Saint-Esprit ne les enseignait pas, les hommes ne connaîtraient rien des choses de Dieu.

  1. L'esprit de l'homme est une entité bien définie, un organisme distinct.

"Au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus…" (1 Corinthiens 5 :4). Paul dit clairement que son propre esprit était présent avec les Chrétiens assemblés à Corinthe, avec la puissance du Seigneur Jésus. Nous devons donc savoir que l'esprit humain est un organisme distinct. Paul ajoute, dans 1 Corinthiens 14 :14 : "Car si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence demeure stérile". Notre esprit est donc bien distinct de notre intelligence ! Notre esprit peut prier d'une manière complètement indépendante de notre intelligence, qui fait partie de notre âme. Cela nous montre qu'il existe une prière qui ne se fait qu'au niveau de notre esprit, sans même que nous comprenions, par notre intelligence, en quoi consiste cette prière (voir aussi Romains 8 :26). Une telle prière ne s'exprime pas nécessairement par notre voix, et nous ne pouvons pas toujours la "percevoir" au niveau de notre corps. C'est pourquoi l'apôtre Paul ajoute : "Que faire donc ? Je prierai par l'esprit, mais je prierai aussi avec l'intelligence ; je chanterai par l'esprit, mais je chanterai aussi avec l'intelligence" (verset 15). Cette prière par l'esprit n'édifie pas ceux qui sont présents à nos côtés : "Autrement, si tu rends grâces par l'esprit, comment celui qui est dans les rangs de l'homme du peuple répondra-t-il Amen ! à ton action de grâces, puisqu'il ne sait pas ce que tu dis ?" (verset 16). Pour que les autres puissent répondre Amen ! nous devons prier de manière intelligible, avec notre intelligence.

  1. Les diverses caractéristiques de l'esprit humain.

Considérons les diverses expressions employées pour caractériser l'esprit humain. Ces caractéristiques peuvent appartenir à l'esprit humain lui-même, ou être produites par l'action du Saint-Esprit. Romains 12 :11 nous demande d'être "fervents en esprit". C'est quelque chose de très différent de l'enthousiasme ou de la ferveur de notre âme. Un esprit fervent reste le même dans une réunion de réveil, ou dans les corvées de la vie quotidienne. C'est cette ferveur spirituelle qui manque le plus aux enfants de Dieu. Les gens qui sont dans le monde peuvent connaître des contrefaçons de cette ferveur, quand ils sont excités par la vie naturelle. Les enfants de Dieu devraient recevoir cette ferveur spirituelle de l'Esprit de Dieu qui demeure en eux, et qui est capable d'enflammer leur esprit. Cette ferveur devrait ensuite se manifester dans tous les détails de leur vie, même dans une simple poignée de mains, qui peut exprimer la chaleur et l'amour d'un esprit fervent. Nous avons tellement besoin, dans un monde égoïste, de cette vie intense qui provient d'un esprit réellement fervent !

Dans 1 Corinthiens 7 :13, Paul écrit : "C'est pourquoi nous avons été consolés. Mais, outre notre consolation, nous avons été réjouis beaucoup plus encore par la joie de Tite, dont l'esprit a été tranquillisé par vous tous". L'esprit de Tite a été tranquillisé, rafraîchi, quand il a constaté la ferveur et le zèle des Chrétiens de Corinthe. Je crois que certains parmi vous ont aussi leur esprit tranquillisé par ce que nous partageons ici !

Le Saint-Esprit peut aussi parfois "pousser notre esprit" à témoigner ou à s'engager dans une certaine action. Notre témoignage ou notre prédication prennent alors leur source dans cette urgence ressentie au niveau de notre esprit. Il ne s'agit plus d'une simple impulsion ou émotion de l'âme. Ceux qui sont ainsi préparés par le Saint-Esprit, et qui répondent à Son action, obtiennent des résultats éternels ! Parfois, la pression dans notre esprit est si forte que nous pouvons à peine reprendre notre souffle, tant que nous n'avons pas donné notre témoignage ! Ceux qui connaissent cette action intérieure du Saint-Esprit apprennent à reconnaître Ses impulsions, et savent les distinguer de toutes les contrefaçons produites par Satan, quand il se déguise en "ange de lumière".

A ce propos, nous trouvons dans Actes 20 :22-23 un passage remarquable, montrant de quelle manière Paul pouvait comprendre la pensée du Saint-Esprit, telle qu'elle lui était révélée dans son esprit. Il dit aux anciens d'Ephèse, à Milet : "Et maintenant voici, lié par l'Esprit, je vais à Jérusalem, ne sachant pas ce qui m'y arrivera ; seulement, de ville en ville, l'Esprit-Saint m'avertit que des liens et des tribulations m'attendent". Paul savait, dans son esprit, qu'il allait au-devant d'épreuves sévères. Le Saint-Esprit lui en rendait témoignage dans son esprit. Nous trouvons ici un exemple clair de la manière dont le Saint-Esprit agit dans, et au travers de l'esprit humain. Une telle œuvre est purement spirituelle, et se distingue nettement de l'action de la vie de la chair, des émotions de l'âme, ou des sensations du corps.

Dans Romains 1 :9, nous pouvons aussi lire : "Dieu, que je sers en mon esprit dans l'Evangile de son Fils, m'est témoin que je fais sans cesse mention de vous…" L'apôtre connaissait la vie de l'esprit, en tant qu'organe animé par le Saint-Esprit, non seulement dans la prière et le témoignage, mais aussi au service de son Seigneur. Cela ne signifie pas que notre esprit n'est plus sous notre contrôle. Nous le voyons dans 1 Corinthiens 14 :32, où Paul dit que le don de prophétie n'empêche pas les prophètes de garder le contrôle de leur propre esprit. Bien entendu, ils ne contrôlent pas le Saint-Esprit, mais c'est l'homme qui doit garder le contrôle de son esprit, tout en laissant le Saint-Esprit agir dans son esprit. Car l'Esprit de Dieu ne prive pas les rachetés de leur liberté d'action et de décision. Mais c'est volontairement que ces derniers s'engagent dans le service de Dieu.

  1. L'œuvre qui doit être accomplie dans l'esprit de l'homme.

Dans Romains 7 :6, l'apôtre Paul parle d'un "esprit nouveau". Dans le Livre du prophète Ezéchiel, bien longtemps avant Paul, Dieu avait promis à Israël de lui donner un "esprit nouveau". La nouvelle naissance est une régénération de notre esprit. C'est un changement qui s'opère uniquement au niveau de notre esprit. L'esprit de l'homme non régénéré est un esprit passé par la chute. C'est bien un esprit humain, mais il est coupé de Dieu, vide, et dans les ténèbres. Il peut donc s'ouvrir aux esprits venant de Satan, leur donner accès, et devenir leur moyen de communication. Mais, lors de la nouvelle naissance, l'esprit passe par une régénération, et sa communion avec Dieu est rétablie. L'homme redevient capable de connaître Dieu.

Nous lisons, dans 2 Corinthiens 7 :1 : "Ayant donc de telles promesses (la présence de Dieu en nous, 6 :16-18), bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l'esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu". Nous voyons ici que notre esprit peut être souillé. Pour que Dieu demeure en nous, il est nécessaire que notre esprit garde sa pureté, sans duplicité ni mélange. Cela suffit pour nous montrer que notre esprit a parfois besoin d'être purifié. C'est au Chrétien de le faire, en reconnaissant ses péchés devant Dieu, en leur appliquant le traitement de la croix, et en renonçant à les pratiquer. C'est nous qui devons nous purifier de toute souillure, non seulement de la chair, mais aussi de l'esprit.

Quels pourraient être ces péchés de l'esprit ? Je citerai, par exemple, un esprit jaloux, un esprit méchant, un esprit pervers. Vous en avez des exemples dans toute la Bible. Dans les Psaumes et les Proverbes, vous trouverez toutes sortes de choses à propos de l'esprit. Hélas ! quand nous commettons des péchés de l'esprit, nous invitons des mauvais esprits à s'attacher à notre esprit humain. Par exemple, quand un homme fait preuve d'un esprit jaloux, un mauvais esprit de jalousie s'empare de lui et vient le dominer, de sorte qu'il perd tout contrôle de lui-même. Les choses les plus terribles, dans notre vie, sont celles qui proviennent des péchés de l'esprit. Nous nous en rendons compte constamment dans notre vie de tous les jours. Nous pouvons toujours corriger nos erreurs de jugement et d'action. Mais, quand notre esprit va mal, tout va mal ! Vous pouvez dire : "Seigneur, purifie mon cœur !" Mais il y a en nous bien plus que notre cœur. Le cœur est le siège de nos affections. Il est vrai que de notre cœur coulent les sources de la vie, et que la Bible décrit notre cœur comme étant nos "reins". Nous pouvons être gouvernés par nos affections. Toutefois, notre cœur peut être en règle, mais notre esprit peut quand même avoir besoin d'être purifié, par exemple, de la duplicité. Peu de gens sont réellement exempts de duplicité : ils soupçonnent les autres, ils disent des choses qu'ils ne pensent pas vraiment, ou prétendent avoir des sentiments qu'ils n'éprouvent pas. Ils sont tout le temps en train de soupçonner les autres, ou de s'attendre à quelque chose de négatif. Ils ne peuvent croire aucune bonne nouvelle. Leur esprit n'est pas pur ! Qu'il est beau de ne pas soupçonner le mal, et de croire ce que nous disent les autres en toute pureté d'esprit ! Qu'il est beau de ne pas toujours penser que les autres ont des motivations cachées ! Tant de Chrétiens font preuve d'un esprit trop vite sensible ou trop susceptible ! Oh ! puissions-nous nous débarrasser d'un tel esprit, et garder notre esprit pur et sans duplicité !

A la lumière de ce que nous venons de dire, vous pouvez comprendre pourquoi notre esprit a besoin d'être séparé de notre âme. Il me faut à nouveau insister sur cette nécessité : "Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur" (Hébreux 4 :12). C'est l'œuvre la plus profonde effectuée en nous par la Parole de Dieu, qui nous renouvelle par la rédemption qui est en Jésus-Christ. Nous avons déjà vu qu'avant la Chute, lorsque Dieu créa l'homme, celui-ci était contrôlé par son esprit, qui régnait sur l'âme, la personnalité humaine, pour que la vie de Dieu puisse s'exprimer. Le corps aussi était entièrement soumis à l'esprit. Après la Chute, la chair a détrôné l'esprit (Genèse 6 :3, 6). Plus tard, le Fils de Dieu est venu. En tant que représentant de l'humanité, il a conduit l'Adam déchu à la croix, pour y souffrir à sa place la mort, conséquence du péché. C'est en Christ que l'Adam déchu est mort : "Si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts" (2 Corinthiens 5 :14).

A présent, l'action du Saint-Esprit, par la Parole de Dieu, consiste à faire passer dans la vie des Chrétiens l'œuvre que Christ a parfaitement accomplie à la croix, afin d'annuler les conséquences de la Chute. L'esprit de l'homme régénéré, uni à l'Esprit du Seigneur ressuscité, reprend la première place et contrôle à nouveau l'âme, c'est-à-dire les pensées, les émotions et les dispositions du cœur. Le corps redevient aussi un instrument docile entre les mains du Seigneur (Romains 6 :13), grâce à la "nouvelle création". Telle est la signification de la croix. C'est le précieux sang de Jésus qui purifie notre cœur et nos affections. Mais c'est la croix qui règle son compte à la vieille création !

Quelqu'un pourrait demander : "Quelle est la différence entre la "chair" et le "vieil homme" ? La Parole de Dieu nous éclaire à ce sujet. L'apôtre Paul écrit : "Si nous marchons dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair" (2 Corinthiens 10 :3). Nous vivons donc "dans la chair", même si le "vieil homme" a été crucifié. Mais l'apôtre ajoute que même si nous vivons dans la chair, nous ne devons pas agir "selon la chair", mais selon Dieu, dans l'esprit. Le fait de "vivre dans la chair" n'est nullement une excuse pour nous laisser conduire par la chair, ou pour nous laisser dominer par elle d'une manière ou d'une autre.

Lisons à présent 1 Thessaloniciens 5 :23. Ce verset résume l'œuvre accomplie par le Saint-Esprit dans la vie du Chrétien, suite à l'œuvre parfaitement accomplie par Christ sur la croix : "Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ !" Notez l'ordre des choses : l'esprit en premier, ensuite l'âme, puis le corps. Notez aussi le mot "sanctifie", qui signifie "mis à part pour Dieu", et le fait que le Seigneur nous demande ensuite de nous conserver "irrépréhensibles".

  1. L'œuvre du Saint-Esprit dans l'esprit humain.

Romains 8 :16 nous montre très clairement cet aspect de la vie spirituelle : "L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu". Ce témoignage n'est pas rendu au niveau de notre intellect, de notre intelligence, mais au niveau de notre esprit. Lisons aussi Ephésiens 3 :16 : "… afin qu'il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit dans l'homme intérieur". Cette action du Saint-Esprit s'exerce en profondeur, au niveau de notre esprit régénéré. C'est là que se révèle clairement la vérité. Le Saint-Esprit demeure et œuvre dans l'esprit humain. C'est Son sanctuaire, Son lieu de résidence. Il désire pénétrer profondément dans notre esprit, afin de produire ce que je pourrais appeler la "fusion" de notre esprit avec l'Esprit de Christ. Car l'unique objet de l'œuvre du Saint-Esprit en nous est de nous unir à Christ, et de nous conduire à la conformité à Son image.

  1. Comment la Bible décrit l'homme spirituel.

Relisons 1 Corinthiens 2 :11 : "Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu". L'homme spirituel dispose d'un "sens spirituel" très aigu. Il sait reconnaître l'action de son esprit. C'est par son esprit qu'il sait tout au sujet de lui-même. Ce n'est que lorsque nous devenons réellement spirituels, quand notre âme a été "séparée" de notre esprit, que nous pouvons parvenir à une telle connaissance intérieure. La majorité des gens continuent à vivre dans un "rêve", en ce qui les concerne. Notre perception mentale est incapable de pénétrer dans les profondeurs de notre être intérieur, pour nous en révéler la réalité profonde. Seul notre esprit peut connaître les profondeurs de notre être intérieur, quand il est dégagé de tout mélange avec l'intellect. C'est aussi notre esprit qui reçoit le Saint-Esprit, afin que nous puissions connaître Dieu (verset 12).

Par le Saint-Esprit qui demeure en lui, l'homme spirituel reçoit la faculté de comprendre les choses de Dieu, et de les expliquer aux autres : "Et nous en parlons, non avec des discours qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles" (verset 13). Ces versets nous donnent une description frappante de la manière dont l'homme spirituel reçoit les choses de Dieu. Ils nous montrent aussi que Dieu désire non seulement que nous Lui fassions confiance, mais que nous Le comprenions. C'est pour cela qu'Il nous a donné Son Esprit. Pratiquement, cela signifie que, quand notre esprit est effectivement uni au Seigneur ressuscité, le Saint-Esprit lui accorde un nouveau sens, un sens spirituel, une faculté spirituelle, qui nous permet d'examiner les choses spirituelles, de les comparer et de les combiner. De même que le chimiste, dans son laboratoire, examine, combine, compare, explique et interprète, l'homme spirituel "investigue" les causes spirituelles d'un phénomène spirituel, jusqu'à ce qu'il soit capable d'en déterminer les sources ! Mais où sont les hommes spirituels capables de faire cela, dans les temps périlleux que nous vivons ? Certains sont capables d'étudier la lettre des Ecritures, mais, hélas, ceux qui connaissent les "choses de l'esprit", afin d'en expliquer l'interprétation aux autres, sont trop peu nombreux !

Dernièrement, j'ai ressenti la responsabilité de tous ceux qui connaissent les Ecritures dans le texte original grec. La plupart des erreurs commises par les Chrétiens proviennent d'une mauvaise utilisation de traductions erronées. Pourtant, il existe aujourd'hui des aides nombreuses pour ceux qui ne connaissent pas le grec, aides suffisantes pour que l'on puisse faire des recherches et vérifier tout ce que la Parole de Dieu dit dans la langue choisie par le Saint-Esprit. Il est capital que ceux qui connaissent le texte original grec puissent prendre la peine d'expliquer les choses de Dieu à tous ceux qui ne connaissent pas cette langue. Il y a des profondeurs de vie divine, et des vérités profondes dans les choses de Dieu, qui sont souvent "cachées" dans le texte original grec des Ecritures. Il est certain que Dieu a choisi cette langue comme celle qui Lui permettrait d'exprimer le mieux les choses spirituelles à Ses rachetés. Mais ne perdons pas courage ! Le Saint-Esprit peut nous enseigner directement. Il m'est arrivé de me trouver en compagnie de divers orateurs dans une convention, et ils m'ont interrogée sur certains passages de la Parole. Je leur ai dit : "Je ne connais pas le grec, mais le Saint-Esprit connaît cette langue !" J'ai été très étonnée de voir que, lorsque le Saint-Esprit me révélait des vérités spirituelles, elles ont toujours été en harmonie avec le texte original grec. Cela m'a donné confiance, et je me suis complètement reposée sur le Saint-Esprit, pour qu'Il me révèle la véritable signification de la Parole. Cela m'a aussi appris à ne pas prétendre donner trop rapidement la signification de tel ou tel passage, avant d'avoir été éclairée par le Saint-Esprit à ce sujet. Chaque fois que j'ai été ainsi éclairée, j'ai toujours constaté que ceux qui connaissaient le grec n'avaient rien à redire à l'interprétation qui m'avait été révélée par le Saint-Esprit. Cela m'a aussi poussée à sonder sérieusement la Parole de Dieu, et à avoir recours à toutes les aides possibles pour bien comprendre le texte original. Ces aides sont nombreuses aujourd'hui. Si nous voulons honnêtement savoir ce que Dieu a dit, et si nous acceptons d'être délivrés de toute interprétation humaine de la Parole, le Seigneur nous enseignera.

La première condition est de laisser le Seigneur opérer en nous l'œuvre profonde de la croix, jusqu'à "séparer l'âme et l'esprit", afin de développer au maximum notre sensibilité spirituelle. Nous pourrons ainsi "ressentir" la signification spirituelle profonde de certaines vérités divines qu'il nous est impossible de comprendre par notre intellect. Certains appellent cela "l'intuition", mais je crois qu'il s'agit de quelque chose de plus profond. Car l'intuition de ceux qui ne sont pas régénérés ne les rend pas plus ouverts aux choses de Dieu. L'intuition de l'homme spirituel provient de notre esprit humain régénéré, dans lequel demeure le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit doit pénétrer dans notre intelligence, pour la purifier et l'illuminer, afin qu'elle perde tout ce qu'elle a de terrestre et de charnel. C'est sans doute cela que voulait dire l'apôtre Paul, quand il a écrit que nous devions être "renouvelés dans l'esprit de notre intelligence" (Ephésiens 4 :23). Notre intelligence devient alors spirituelle. Car c'est avec notre intelligence que nous percevons, et c'est avec notre esprit que nous "savons", ou que nous "ressentons" les choses de Dieu. Paul l'a prouvé dans sa vie personnelle. Il était l'une des intelligences les plus brillantes de son temps, et même de tous les temps. Mais, en ce qui concerne les choses de Dieu, son intelligence a dû être renouvelée, et pénétrée par le Saint-Esprit, jusqu'à ce qu'il ait pu "combiner", "comparer", et "interpréter" les choses de Dieu, qui restent inconnues et inaccessibles à l'homme non régénéré.

Quand celui qui enseigne est ainsi lui-même enseigné de Dieu, et qu'il s'ouvre à la vérité, ceux qui l'écoutent en reçoivent le témoignage intérieur. Celui qui enseigne n'a alors nullement besoin de les forcer à recevoir la vérité, car le Saint-Esprit agit dans les cœurs, et porte témoignage en faveur de Sa propre Parole.

  1. Les lois de l'esprit, et comment marcher selon l'esprit.

·  Parlons tout d'abord de "l'affection pour les choses de l'esprit" : "Ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s'affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l'esprit s'affectionnent aux choses de l'esprit. Et l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'esprit, c'est la vie et la paix" (Romains 8 :5-6). En peu de mots, je dirais que le secret de la marche selon l'esprit consiste à toujours penser aux choses de l'esprit, et à mettre en premier les choses spirituelles. Si nous le faisons, cela signifie que nous ne perdrons jamais conscience de ce qui se passe dans notre esprit. Madame Guyon employait une illustration très appropriée pour nous faire comprendre ce que signifie le fait de "demeurer en Christ". Elle disait que, quand nous entrons dans une pièce, nous remarquons aussitôt si elle est agréable et chaude. Mais, quand nous restons dans cette pièce, nous finissons par n'être plus conscients de cette sensation agréable. Mais il nous suffit alors de sortir dans le froid extérieur pour remarquer aussitôt que nous ne "demeurons" plus dans cette pièce agréable ! Par conséquent, marcher selon l'esprit, et penser aux choses de l'esprit, n'implique pas que nous en soyons toujours conscients au niveau de nos sens. Mais nous gardons toujours une connaissance intuitive profonde de Dieu et de Sa volonté. Nous n'expérimenterons pas toujours de grands phénomènes spirituels, mais nous demeurerons dans un paisible repos en Dieu, dans toutes les choses ordinaires de notre vie quotidienne. Le Chrétien qui pense ainsi constamment aux choses de l'esprit cesse d'être gouverné par les circonstances, et de mesurer les événements extérieurs en fonction de leur valeur apparente. Notre repos spirituel profond et béni consiste à persévérer tranquillement et simplement dans l'obéissance à la volonté de Dieu. Dans cette vie d'union avec Dieu, notre âme accepte joyeusement d'accomplir toutes les choses ordinaires de la vie de tous les jours, avec la même ferveur spirituelle que s'il s'agissait de ce que l'on appelle communément "travailler pour Dieu".

·  Ensuite, il est important de toujours obéir aux impulsions de l'Esprit de Dieu : "Car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu" (Romains 8 :14). C'est l'Esprit de Dieu qui conduit tous ceux qui sont réellement fils de Dieu, régénérés et participants de la nature divine. Il le fait en agissant au niveau de notre esprit, par des impressions, des impulsions, des restrictions, par une assurance dans la prière, et le témoignage intérieur qu'une action est bien dans le plan de Dieu. Tous ces mouvements du Saint-Esprit dans l'esprit du Chrétien sont très délicats et très subtils. Mais on peut les percevoir et les reconnaître toujours mieux, à mesure que nous nous fortifions dans la vie de l'esprit, et que nous nous dégageons des émotions et des impulsions de l'âme, ainsi que des activités de l'intellect. Il serait trop long de parler ici en détail de ce sujet, dans toutes ses implications. Mais je prendrai seulement un exemple. Supposez que l'on vous demande de faire une certaine chose. Mais vous sentez dans votre esprit une certaine froideur et une retenue envers cette chose. Il est alors toujours sage d'attendre et de prier pour être davantage éclairé. Cette "retenue intérieure" signifie en général que Dieu n'est pas d'accord. Ou encore, vous pouvez assister à une réunion où il se passe des manifestations étranges et anormales. Votre esprit éprouve de la répugnance et de la répulsion. Il n'est jamais prudent de ne pas tenir compte de ces avertissements intérieurs. Il est toujours sage de ne jamais vous forcer à accepter des manifestations surnaturelles. Le Saint-Esprit ne nous force jamais. Il conduit les enfants de Dieu obéissants. Mais Il le fait d'une manière tellement douce que nous n'en sommes conscients que si nous restons calmes et tranquilles. Je dirais aussi que, si l'on veut être conduit par le Saint-Esprit, il est important de ne jamais agir sans une conviction de notre volonté. Nous pouvons nous sentir "poussés" par l'Esprit" à faire quelque chose. Mais nous devons toujours examiner soigneusement cette impulsion à la lumière de la Parole de Dieu, pour aboutir à une décision intelligente et délibérée, dans la claire conviction qu'il s'agit bien de la volonté de Dieu.

·  Nous avons besoin de connaître Dieu, et la manière dont Il agit : "Et ce que je demande dans mes prières, c'est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance et en pleine intelligence pour le discernement des choses les meilleures" (Philippiens 1 :9-10). C'est le Saint-Esprit qui peut nous donner ce discernement et cette pleine intelligence, pour que nous puissions discerner le bien du mal, tout au long de notre marche. Colossiens 1 :9-11 nous parle aussi de la nécessité de marcher d'une manière digne de Dieu : "C'est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d'une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients".

·  Dans la vie de l'esprit, il existe une loi très importante. C'est celle de "l'expression". Nous la trouvons définie dans Jean 7 :37-39 : "Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s'écria : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Ecriture. Il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui". Bref, si nous recevons l'Esprit, Celui-ci doit pouvoir S'écouler hors de nous. Beaucoup d'enfants de Dieu souffrent d'un "esprit étriqué", ou "atrophié", comme peuvent être atrophiés les muscles de ceux qui ne font jamais d'exercice physique. Notre esprit souffre s'il ne peut pas "s'écouler". La vie spirituelle en nous doit pouvoir s'exprimer, sinon nous nous affaiblirons et nous deviendrons passifs. Quand notre activité spirituelle est normale, la vie de notre esprit peut s'écouler librement. C'est quelque chose de très différent de l'exubérance de la vie naturelle. Nous le voyons dans le comportement de Pierre, décrit dans Actes 4 :8 : "Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit…" Pierre venait de recevoir un influx de l'Esprit de Dieu dans son esprit, et il put donner un témoignage plein de hardiesse. "Des fleuves d'eau vive" couleront de notre sein. Notre vie spirituelle ne sera véritablement pleine que dans la mesure où nous pourrons déverser cette vie sur les autres. Il faut absolument que soit brisée cette "réserve" charnelle qui entrave l'esprit de tant de Chrétiens. Car elle est une source inutile de conflits dans le service de Dieu. Priez donc pour que le Seigneur remplisse votre esprit de Son Esprit, puis laissez cet Esprit s'écouler librement, car c'est en donnant que vous recevrez.

·  Enfin, nous pouvons parler du rôle de notre esprit dans le combat spirituel. Nous en avons déjà parlé quand nous avons abordé le "bon côté" de la croix, celui de la vie de résurrection. Le Saint-Esprit nous enseignera comment engager notre esprit dans le combat spirituel. Lui seul peut nous apprendre à mettre de l'ordre divin dans tout ce qui touche au domaine spirituel. Je dirai simplement que, lorsque nous savons employer notre esprit dans ce domaine, nous apprenons à rester parfaitement calmes dans tous les conflits. La victoire est souvent remportée en prononçant calmement une simple parole. C'est le Saint-Esprit qui fortifie notre esprit, afin qu'il puisse tenir ferme contre les puissances adverses.

Note de Parole de Vie :Il est clair que Jessie Penn-Lewis a reçu du Seigneur des révélations particulièrement claires sur la vie de l'esprit, et qu'elle sait nous en parler clairement.

Il nous semble toutefois qu'il existe un domaine de la vie de l'esprit qui nécessiterait des explications plus approfondies. C'est celui de la nature réelle de notre "homme nouveau", c'est-à-dire notre esprit régénéré. Sur ce point, nos convictions diffèrent en partie de celles de Jessie Penn-Lewis.

Nous pensons que l'origine du péché, dans notre nature humaine, provient exclusivement de la loi du péché et de la mort qui habite dans nos membres, dans ce que Paul appelle "le vieil homme". Jusqu'à la résurrection, nous devrons subir dans nos membres la présence d'une puissance spirituelle mauvaise, animée par cette loi du péché et de la mort. C'est cette puissance qui donne toute sa force à la vie de la chair, et qui anime le monde qui nous entoure, tout entier sous la puissance du Malin. Mais nous pouvons être libérés de la puissance, sinon de la présence, de cette loi de péché, en activant la loi de l'esprit de vie en Jésus-Christ, lorsque nous apprenons du Seigneur à mettre à mort la chair et à marcher par l'esprit.

C'est pour cela que le Seigneur a jugé bon de condamner à mort notre vieil homme, par la mort de Jésus-Christ. C'est cette mort expiatoire qui donne toute sa puissance éternelle à la prédication de la croix, seul refuge du pécheur. En outre, par Sa résurrection, le Seigneur Jésus a fait naître en Lui une humanité nouvelle. La nouvelle naissance est la réalité la plus glorieuse et la plus magnifique que le Seigneur ait pu nous accorder dans Sa grâce. Par la repentance et l'acceptation de Jésus comme notre Sauveur et Seigneur, Dieu fait passer notre esprit enténébré par une nouvelle naissance, une régénération totale. En Christ, notre esprit régénéré devient cet "homme nouveau" dont parle en particulier Ephésiens 4 :24, "créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité". Cette nouvelle création en Christ est à l'image de Dieu, donc de Jésus-Christ. La justice et la sainteté dont nous héritons alors en Christ sont parfaites. Nous ne recevons pas une nouvelle création imparfaite ou impure, mais un être nouveau parfait en Christ, destiné à manifester la plénitude de Dieu et de Christ. Nous sommes prédestinés à être semblables à l'image de Christ. Notre esprit régénéré est créé à l'image de Christ.

Nous ne sommes donc pas d'accord avec Jessie Penn-Lewis quand elle parle des "péchés de l'esprit". Dans sa nature réelle, en tant que participant à la nature divine (sans être Dieu, naturellement), notre esprit régénéré ne peut pécher (1 Jean 3 :9). Mais, si nous vivons encore dans la chair, sous la puissance de la loi du péché et de la mort, il est évident que nous pouvons pécher et que nous péchons. Il est également évident que ces péchés, tant qu'ils ne sont pas confessés, souillent aussi notre esprit, comme une belle robe blanche peut être tachée. C'est notre être tout entier, esprit, âme et corps, qui doit être "conservé irrépréhensible pour le jour de Christ" (1 Thes. 5 :23).

Nous ne pouvons éviter de pécher qu'en demeurant en Christ dans l'esprit, entièrement dépendants du Saint-Esprit qui demeure dans notre esprit régénéré. Ce que Jessie Penn-Lewis appelle les "péchés de l'esprit" sont donc en réalité les péchés de la chair, qui peuvent se manifester parce que l'enfant de Dieu vit encore dans la chair, au moins partiellement, au lieu de vivre en permanence dans l'esprit.

La pleine compréhension de l'œuvre de la croix, c'est-à-dire de notre mort en Christ, et de notre nouvelle naissance en Christ, nous permet de recevoir par la foi l'enseignement de l'Esprit et de la Parole, et d'apprendre du Seigneur à "nous dépouiller du vieil homme, à être renouvelés dans l'esprit de notre intelligence, et à nous revêtir de l'homme nouveau" (Ephésiens 4 :22-23). C'est alors que la perfection du Seigneur peut, par Son Esprit, en passant par notre esprit régénéré, se manifester de plus en plus dans tous les aspects de notre vie.

Cela dit, nous apprécions pleinement la pertinence et la profondeur de l'analyse de Jessie Penn-Lewis, que Dieu a utilisée puissamment pour répandre le vrai message de la croix.

(A suivre…)



jeudi 20 décembre 2012

Le caractère centrale de la croix. 5/10



Article de Jessie Penn-Lewis.

Les deux aspects, positif et négatif, de la croix, et le combat spirituel.
Source http://www.worldinvisible.com/library/jessiepenn-lewis/8791/879105.htm
Nous publions ici une série d'articles correspondant aux différents chapitres d'un livre écrit par Jessie Penn-Lewis. Cette série d'articles est destinée à nous permettre d'approfondir l'œuvre de la croix, essentielle pour notre sanctification.

Le côté positif de la Croix, celui de la Vie.

"Vous êtes aussi ressuscité en lui et avec lui…" (Colossiens 2 :12)

Dans l'un de ses livres, le Dr Mabie a écrit : "Dans la pensée de l'Ecriture, la mort expiatoire, et la résurrection, ont toujours été ensemble. Ce sont les deux parties inséparables d'une unité réelle, les deux éléments indissociables d'un seul fait unique". Cette claire déclaration est parfaitement vraie. Mais, dans l'expérience, comme dans l'enseignement, le danger consisterait à déséquilibrer ces deux parties inséparables. Cela ne pourrait qu'affecter la vie pratique du Chrétien. Nous ne pouvons pas bénéficier de l'aspect "positif" de la Croix, de la puissance de la Vie, sans expérimenter aussi son aspect négatif, celui de la mort. Si l'on met trop l'accent sur l'aspect négatif, c'est-à-dire la mort, il y aura trop peu de "positif", de vie, dans notre existence pratique. En revanche, si l'on met trop l'accent sur le côté positif, la vie de résurrection, on n'insistera pas assez sur la mise à mort de la vie adamique de notre vieil homme. Celui-ci bloquera l'émergence de la nouvelle création. Le vieil homme, n'étant pas mis à mort, empêchera la vie de Christ de se manifester. Il faut donc veiller à garder le bon équilibre entre ces deux aspects de l'œuvre de la Croix. La vie et la mort, le Calvaire et la résurrection, doivent contrôler ensemble la vie du Chrétien, car ce sont les deux facettes d'une même réalité.

Permettez-moi de le répéter : le Chrétien doit absolument apprendre à utiliser la puissance de la croix de manière pratique. Il doit coopérer avec le Saint-Esprit pour accepter le côté "négatif" de la "mort avec Christ", afin de bénéficier de manière concrète de la puissance de résurrection, qui représente le côté "positif" de la croix. Ces deux aspects de la même vérité doivent toujours rester ensemble. S'il y a tant de Chrétiens déséquilibrés, c'est parce qu'ils n'ont pas compris cela. Certains sont trop "négatifs", en mettant trop l'accent sur la "mort", au point de ne plus accepter d'activités associées à la vie. D'autres, en revanche, sont tellement soucieux d'éviter tout ce qui parle de mort, qu'ils insistent démesurément sur tout ce qui concerne la vie. Le danger, c'est qu'ils risquent de confondre les activités de la vieille nature avec la vie de résurrection. Nous avons besoin d'être équilibrés, afin de pouvoir réellement bénéficier de la vie de Dieu. Il est tellement "humain" de tomber dans des extrêmes !

Mais, si nous connaissons le danger, et si nous faisons confiance à Dieu pour qu'Il nous garde, nous aurons l'assurance de pouvoir rester dans la vérité, et de garder notre équilibre spirituel. Quand nous sommes conscients des difficultés et de nos limitations humaines, nous devenons moins dogmatiques dans nos déclarations et nos relations avec les autres, et nos opinions deviennent moins tranchantes. Nous pouvons être remplis d'assurance concernant tout ce qui est clairement écrit dans la Parole de Dieu, mais nous ne pouvons pas toujours être aussi certains d'avoir pleinement compris la signification exacte de toute la Parole du Seigneur !

Revenons à Romains 6. Les versets 10 et 11 nous montrent non seulement la mort, l'aspect négatif de la croix, mais nous fait aussi comprendre quelle est la clef de la vie, le côté positif de notre union avec Christ dans Sa résurrection :

"Car il est mort, et c'est pour le péché qu'il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c'est pour Dieu qu'il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ".

Ces derniers mots, "en Jésus-Christ", nous donnent la clef de la vie, en union avec notre Seigneur ressuscité. Nous sommes morts avec Christ sur la croix, afin que nous puissions "vivre pour Dieu", dans un autre Royaume, "en Jésus-Christ".

Le verset 13 ajoute :

"Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d'iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice".

Que signifie donc cette expression : "en Jésus-Christ", du côté positif de la croix, celui de la vie de résurrection ? Lisons Romains 7 :4 :

"De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu".

Nous avons été "mis à mort" : c'est la côté négatif de la croix. Nous sommes "unis au Seigneur ressuscité" : c'est le côté positif de la croix. Ce sont les deux aspects indissociables d'un même fait. Nous ne pouvons participer à la vie de résurrection sans être unis au Seigneur dans Sa mort. En outre, il s'agit d'une union spirituelle et non d'une union de l'âme. "Mais celui qui s'attache au Seigneur est avec lui un seul esprit" (1 Corinthien 6 :17). Par conséquent, le côté négatif de notre mort en Jésus-Christ signifie qu'il s'est produit une séparation, une coupure complète, entre nous et tout ce qui nous empêchait d'unir notre esprit à celui du Christ Ressuscité. Sur le plan pratique, le résultat concret de la croix consiste à libérer notre esprit de son carcan. Il était tenu prisonnier de la chair et de l'âme charnelle. Il était tellement empêtré dans la vie naturelle qu'il ne pouvait pas être pleinement uni au Seigneur, qui est un Esprit vivifiant.

Comment s'est opérée cette coupure ? Comment l'Esprit de Dieu peut-Il appliquer la croix sur notre chair, et nous libérer par la mort, afin que notre esprit puisse s'unir à Christ ?

Nous le comprenons dans Hébreux 4 :12 :

"Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur".

Nous voyons ici comment se fait cette séparation immatérielle et intangible. La Parole de Dieu est une arme spirituelle, qui agit comme une épée dans le domaine spirituel, de la même manière qu'une épée tranche et sépare, sur le plan matériel. La partie tranchante de la parole de Dieu est représentée par la "prédication de la croix", qui partage entre l'âme et l'esprit. Elle permet tout d'abord au Chrétien de comprendre la différence entre l'âme et l'esprit, puis elle sépare l'âme de l'esprit, quand le Chrétien se livre à l'action de la "prédication de la croix", qui lui parle de la mort de Christ, et de sa mort avec Christ.

Il est aussi écrit que la Parole "juge les sentiments et les pensées du cœur", parce que "nulle créature n'est cachée devant lui, mais tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte" (Hébreux 4 :13). Notez que c'est le Seigneur Lui-même qui manie l'épée pour trancher dans notre vie ancienne. C'est à Lui que nous devons rendre compte. Lui seul sait comment manier l'épée de l'Esprit, tranchante comme un glaive, afin de libérer l'esprit de "l'étreinte de l'âme" !

C'est donc un processus qui se vérifie concrètement, sur le plan de l'âme, comme sur celui de l'expérience pratique. Dans son livre, "L'Esprit de Christ", Andrew Murray donne une explication très claire de cette séparation entre l'âme et l'esprit, qui doit être opérée dans la vie du Chrétien. Avant la chute, c'était l'esprit de l'homme qui dominait son être entier. Après la chute, l'homme est "descendu" sur le plan de l'âme. Puis l'âme est elle-même "descendue" sur le plan de la chair. C'est pour cela que Dieu a pu dire : "L'homme est devenu chair". Andrew Murray dit aussi que c'est l'esprit de l'homme en lui qui le rend capable de connaître Dieu, qui est Esprit. L'âme est le siège de la conscience de soi, et le corps physique le siège des sens et de la conscience du monde. Pour pleinement comprendre en quoi consiste la vie de victoire, par l'œuvre expiatrice du Seigneur Jésus-Christ, il est nécessaire de comprendre la simple psychologie biblique. L'œuvre du Seigneur en nous doit donc aller bien plus profondément que la simple révélation du péché. Outre le péché, il y a beaucoup de choses qui nous empêchent de pleinement connaître le Seigneur !

Pour faire véritablement l'expérience du côté positif de la croix, celui de la vie de résurrection, nous devons donc non seulement connaître la mort au péché, mais accepter que la croix opère une séparation entre notre âme et notre esprit, afin que celui-ci soit libéré, pour être uni à celui de notre Seigneur ressuscité. Ensuite, par le moyen de notre esprit, uni au Seigneur pour former un seul esprit, la Vie de Celui qui est un Esprit vivifiant pénètre dans notre âme, dans Sa puissance de résurrection. En effet, notre âme n'est pas détruite, ni notre personnalité individuelle. Nous ne devenons pas des automates. Mais notre âme, notre personnalité, doit être animée par l'esprit, au lieu de l'être par la vie de l'être naturel. Nous pouvons continuer à prononcer les mêmes paroles, ou à fa ire les mêmes actes, mais la source qui les inspire n'est plus la même.

Quand notre esprit est ainsi "un seul esprit" avec le Seigneur ressuscité, c'est par notre esprit, puis par notre intelligence, que nous expérimentons la direction du Saint-Esprit, et que nous pouvons connaître Christ d'une manière intime. C'est par notre esprit, uni à Christ par le Saint-Esprit, que nous pouvons "connaître" personnellement le Seigneur. Car l'aboutissement final de la connaissance de la vérité consiste à Le connaître, ainsi que la puissance de Sa résurrection.

Lisons Colossiens 2 :6-7 pour mieux comprendre ce que signifie cette expression : "en Christ Jésus" :

"Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui, étant enracinés et fondés en lui, et affermis par la foi, d'après les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de grâces".

Lorsque nous avons "reçu" le Seigneur pour la première fois, par un simple acte de foi, le Saint-Esprit de Dieu nous a fait "entrer en Lui". Christ vit en nous, et notre esprit est uni au Seigneur ressuscité. Mais nous devons aussi "demeurer en Lui", et continuer à marcher en Lui jour après jour. Nous devons "marcher en Lui" de la même manière que nous sommes "entrés en Lui", en Lui faisant tout simplement confiance, en nous appuyant sur Lui, et en demeurant en Lui. Recevoir la vie, du côté positif de la croix, signifie "être vivant pour Dieu en Jésus-Christ".

L'apôtre Paul nous demande d'être "enracinés et fondés en Lui". Nous ne pouvons pas être enracinés un jour à un endroit, et le lendemain à un autre. Nous devons donc examiner nos racines. "Sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte" (Romains 11 :18). Nous devons être fondés en Christ, et c'est sur cette fondation que nous pouvons être continuellement édifiés, en persévérant dans la foi. Cela nous montre combien il nous est nécessaire de comprendre la croix, car elle représente une position fondamentale, dont nous ne devons jamais nous laisser écarter. C'est dans la mort de Christ que nous devons être enracinés. Nous ne pourrons jamais entrer dans la vie si nous refusons de passer par la croix. Nous ne pourrons jamais atteindre aucun but, si nous abandonnons la croix sur notre chemin ! Si nous le faisions, nous serions semblables à un arbre qui refuserait de s'enraciner dans le sol ! Nous devons nous "considérer comme morts au péché, et vivants pour Dieu, mais en Jésus-Christ" ! C'est en Lui que nous devons être enracinés, c'est en Lui que nous devons être fondés, afin de pouvoir continuellement être édifiés. Nous devons plonger nos racines toujours plus profondément dans Sa mort.

Relisons Jean 3 :16. Nous pouvons comprendre clairement que nous avons été placés en Jésus-Christ dès le début de notre vie chrétienne :

"Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle".

Il ne s'agit pas seulement de "croire Christ", mais de croire en Lui. Le mot grec traduit par "en" implique une idée de mouvement. Il est donc très suggestif. En croyant en Christ, nous sommes transportés en Lui par l'action du Saint-Esprit. C'est au Calvaire que tout a été accompli. Le Seigneur Jésus a commencé à prêcher Sa propre croix dès le début de Son ministère. Il a parlé à Nicodème de la nécessité d'une nouvelle naissance, et lui a annoncé de quelle manière Il devait mourir, afin que tous les pécheurs puissent recevoir la vie :

"Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle" (Jean 3 :14-15).

Nous avons été placés "en Lui" dans Sa mort, puis de nouveau "en Lui" dans Sa vie, du côté positif de la croix, celui de la résurrection. Nous restons ainsi toujours enracinés en Lui ! C'est pour cela que nous devons persévérer dans la foi. Comme nous avons reçu Jésus-Christ, nous continuons à croire en Lui, à demeurer en Lui, à rester enracinés en Lui, à être fondés en Lui, et à édifier toute notre vie spirituelle en Lui.

Lisons à présent Colossiens 2 :9-11 :

"Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité. Et c'est en lui que vous avez été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair".

C'est en demeurant en Christ que nous pouvons être remplis de toute la plénitude de Son Esprit. Vous dites peut-être : "Oh ! je veux être rempli de la plénitude de Dieu !" Oui, mais, de vous-mêmes, vous ne pouvez offrir à remplir qu'un tout petit vase !

Paul présente la chose d'une tout autre manière : "Vous avez tout pleinement en Lui !" Vous êtes morts avec Lui, et vous êtes unis avec Lui en esprit. Demeurez donc en Lui, et vous serez plongés dans un océan de vie ! "Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité". Relisons ce passage :

"Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité. Et c'est en lui que vous avez été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair".

La "chair" n'a aucune place "en Lui" ! Elle doit être laissée au-dehors ! "Et c'est en lui que vous avez été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair : ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts" (versets 11-12). Là encore, nous retrouvons les deux aspects indissociables du même fait accompli.

L'œuvre séparatrice de la croix se produit lorsque nous demeurons en Lui. Le dépouillement de la "chair", et même le dépouillement de tout le "corps de la chair", se produit quand nous demeurons en Lui. Il s'agit d'une "circoncision" que la main n'a pas faite, mais qui est opérée par le Saint-Esprit, quand nous consentons à Son œuvre, et quand nous Lui faisons confiance, pour qu'il achève pleinement en nous l'œuvre de la croix de Christ. C'est l'Esprit de Dieu qui nous baptise (qui nous "plonge") dans la mort de Christ, et qui nous donne la puissance de nous dépouiller de tout le corps de la chair, jusque dans les plus petits détails de notre vie, afin que nous puissions vivre selon la volonté de Dieu, dans l'Esprit.

Examinons encore quelques versets qui nous montrent comment s'opère ce travail pratique dans notre vie : " Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles" (2 Corinthiens 5 :17). "Car ce n'est rien que d'être circoncis ou incirconcis ; ce qui est quelque chose, c'est d'être une nouvelle créature" (Galates 6 :15).

"En Christ", nous ne dépendons plus de quoi que ce soit d'extérieur à Christ. "En Christ", plus rien d'autre n'a d'importance, plus rien d'autre ne compte. La seule chose qui compte, c'est d'être une nouvelle création. En pénétrant dans la sphère de Christ, nous quittons complètement l'ancienne création.

En demeurant en Lui, nous pouvons toujours continuer à nous conformer à des pratiques religieuses extérieures, mais nous ne dépendons plus de ces pratiques. Nous ne nous appuyons plus sur elles, nous ne leur accordons aucune importance excessive, et nous ne permettons plus qu'elles soient un sujet de division entre enfants de Dieu. De cette manière, vous pourrez toujours entrer en contact spirituel avec tous les enfants de Dieu, car vous reconnaîtrez ensemble que vous partagez la même vie dans le Seigneur.

Lisons à présent Ephésiens 2 :4-6 :

"Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés) ; il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ".

Nous sommes enracinés et fondés en Christ. Nous ne devons jamais nous écarter de cette position. Car nous voyons bien l'issue de notre position de mort avec Lui : unis à Lui en esprit, Il "nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ". Etant "crucifiés avec Lui", nous sommes appelés à partager Sa vie. "Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu" (Colossiens 3 :3). La puissance de résurrection est une puissance transcendante. Uni au Ressuscité, notre esprit est élevé jusque dans les lieux célestes, en Christ, bien au-dessus de toutes choses ! Quelle que soit la profondeur des abîmes de péché dans lesquels nous étions plongés quand nous vivions sous l'esclavage de la chair, ou sous la domination de la nature humaine, nous sommes à présent "assis en Lui dans les lieux célestes", par notre union spirituelle avec Celui qui, après Son ascension, S'est assis à la droite du Père. Unis à Lui, Il nous soutient, si nous demeurons en Lui, et si nous nous reposons en Lui.

En conclusion, parlons à présent de l'action du côté positif de la croix, celui de la vie de résurrection, en ce qui concerne notre ministère, ou notre service concret. Lisons Ephésiens 6 :10. L'apôtre Paul, tout au long des premiers chapitres de cette épître, s'adresse à ceux qui sont "en Christ". Il leur parle à présent du combat spirituel et du service pratique. En commençant ce passage final, il résume toute cette vie de résurrection, dont il vient de parler, par cette expression : "Au reste…" :

"Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante…" Paul nous a dit au chapitre premier que Christ, le Seigneur, était bien au-dessus "de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer". Nous aussi, étant "assis en Christ", nous sommes bien au-dessus de toutes ces puissances. Que chacun de nous se fortifie donc dans le Seigneur, dans une pleine assurance de la réalité de notre position spirituelle, position de victoire, "par sa force toute-puissante".

C'est dans la certitude d'une victoire assurée que Paul nous demande ensuite de nous revêtir de "toutes les armes de Dieu" (verset 11). Nous connaissons notre position. Nous y sommes fermement établis. Dans cette position, nous nous revêtons de toutes les armes de Dieu, "afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable".

Paul nous dit que nous "sommes assis dans les lieux célestes en Christ". Puis il nous demande de combattre le Malin. Il est clair que nous ne pouvons pas le combattre si nous avons des conflits intérieurs ! Nous devons "rester assis" au-dedans de nous, c'est-à-dire garder notre paix intérieure ! Si nous perdons cette paix intérieure, nous serons à la merci du diable. Dans une guerre conquérante, le Chrétien doit conserver la paix intérieure de Dieu, et rester fortifié, établi et enraciné en Lui. Revêtons-nous donc de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme.

Pourquoi avons-nous besoin de "tenir ferme" ? A cause des "ruses du diable" ! Toute sa stratégie, toutes ses méthodes et ses ruses visent à nous faire sortir de notre position de victoire ! Et ses ruses invisibles sont les plus dangereuses ! Satan est à l'œuvre jour et nuit contre nous. Peut-être dites-vous que vous ne voulez pas être obnubilés par les "mauvais esprits" ? Mais n'oubliez pas que ce sont eux qui sont obnubilés par vous ! Le Seigneur nous demande non seulement de ne jamais oublier leur présence, mais aussi de rester perpétuellement vigilants et dans la prière. Si nous savons que le Malin est constamment en train de chercher à nous séduire et à nous tromper, cela nous poussera à nous rapprocher toujours plus près de Dieu, dans la prière, afin de pouvoir éviter les pièges du diable. Si nous le faisons, nous aurons les yeux ouverts sur ses ruses. Nous resterons fermes et tranquilles, parce que nous pourrons discerner son action, jusque dans notre foyer, pour chercher à nous faire abandonner notre position en Dieu.

"Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes" (verset 12).

Face à cette claire affirmation, il est étrange que les enfants de Dieu pensent toujours que la "chair et le sang" représentent la seule cause de tous leurs conflits et de tous leurs problèmes ! Comme s'ils ne savaient pas que nous sommes confrontés à des ennemis spirituels ! Ou alors, ils mettent tout sur le compte de la "volonté de Dieu" ! D'une manière ou d'une autre, ils ignorent l'action des puissances surnaturelles des ténèbres. D'un côté, ils en viennent à s'opposer aux hommes qui les offensent. D'un autre côté, ils finissent par se soumettre passivement à ce qu'ils croient être la "volonté de Dieu", alors qu'ils ne sont que les victimes des puissances sataniques qui les attaquent, et qui cherchent à détruire tous les enfants de Dieu. Ils ne parviennent pas à discerner ce qui vient réellement de Dieu, et ce qui vient de Satan. L'apôtre Paul dit clairement que nos vrais adversaires ne sont pas "la chair et le sang".

Tous nos ennemis spirituels sont des "puissances de l'air". Elles parcourent en tout sens l'atmosphère de notre planète, cherchant à faire tout le mal qu'elles peuvent faire. Sans parler des autres pays, il suffit, pour s'en persuader, de voir ce qui se passe en Grande-Bretagne en ce moment même ! Toutes ces puissances agissent sur les êtres humains de manière toujours plus intense, stimulant la nature adamique déchue en eux. La vague actuelle de spiritisme en est la conséquence directe. Il n'est pas possible que des milliers de personnes communiquent avec des démons, tout en croyant parler à leurs parents morts, sans que ces démons infectent l'atmosphère de tout le pays.

Nos adversaires ne sont donc pas la chair et le sang, mais ce sont "des dominations, des autorités, des princes de ce monde de ténèbres, des esprits méchants dans les lieux célestes". Nous trouvons ici une description claire de la hiérarchie de l'armée de Satan. Ils sont capables d'employer toutes les ressources dont ils disposent. Les démons d'un rang inférieur sont la multitude des "esprits méchants dans les lieux célestes", qui exécutent la volonté de leur chef, Satan, par l'intermédiaire de tous les divers échelons de la hiérarchie satanique.

Daniel 10 soulève aussi une partie du voile. On y apprend l'existence du "chef du royaume de Perse", et d'un "chef de Javan" (Grèce), qui se sont opposés à l'ange qui venait visiter Daniel (Daniel 10 :13, 20). N'y a-t-il pas aussi un "chef de l'Angleterre", et un "chef de la France" ? Dans chaque pays, le peuple de Dieu doit combattre contre les chefs et les "princes" de ces puissances sataniques.

Qu'en est-il exactement des ces "puissances" qui occupent pour Satan l'air, ou les "lieux célestes" de notre atmosphère terrestre ? Elles disposent de nombreuses ressources pour mettre en œuvre leurs plans ! Nous commençons à peine à découvrir la télégraphie sans fil et l'électricité, mais les puissances sataniques connaissent tout cela depuis des siècles, et bien d'autres choses encore ! C'est pour cela que les mensonges se répandent aussi vite, comme des gaz empoisonnés, et que la vérité a du mal à se manifester. C'est pour cela que l'esprit du Bolchevisme, parti de la Russie, a pu se répandre aussi rapidement dans le Pays de Galles et en Angleterre, pour captiver les hommes et leur faire croire à des mensonges qui finiront par les détruire, eux et les autres. Ces puissances qui sont établies dans l'invisible sont à l'origine de vagues de puissantes séductions. Ces vagues ressemblent à un courant électrique, dont l'action est invisible, mais bien réelle. En se répandant, ces vagues balayent les multitudes. Les chefs et les princes de ces puissances des ténèbres combattent comme des généraux (Daniel 10 :13). Leur travail est de définir les stratégies et de dresser les plans d'attaque, afin de garder les hommes dans les ténèbres et d'empêcher la vérité et la lumière de les atteindre. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour bloquer la prédication de l'Evangile et empêcher la lumière et la vérité de briller. Ils sont servis par les multitudes d'esprits méchants qui mènent des attaques personnelles contre les individus, dans l'obéissance aux ordres donnés par leurs chefs.

Ephésiens 6 :11 nous demande de tenir ferme contre les ruses de toutes ces puissances des ténèbres. Mais ce n'est que la conclusion d'une guerre offensive. Nous sommes appelés à nous "fortifier dans le Seigneur", dans un rôle défensif, contre toutes leurs ruses. Mais nous devons aussi, et d'abord, employer les armes offensives qui nous ont été données par la victoire de Christ au Calvaire. Tous ces ennemis peuvent être délogés de leurs forteresses. Tous les plans de leurs chefs peuvent être anéantis. L'apôtre Paul nous le dit clairement, et nous dit aussi comment :

"C'est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté" (Ephésiens 6 :13).

Nous devons donc d'abord tout surmonter, avant de tenir ferme. Cela implique clairement une action offensive, qui précède une action défensive. Pour cela, nous devons être entièrement convaincus que nous pouvons surmonter, c'est-à-dire vaincre et défaire, ces puissances des ténèbres, quand nous sommes unis au Vainqueur de Golgotha. Nous devrons affronter des "mauvais jours", des jours où ces puissances des ténèbres viendront nous attaquer, ou attaquer notre église, par exemple. Ne vous contentez pas de vous protéger et de rester sur la défensive ! Ne vous laissez pas non plus distraire par "la chair et le sang" ! Mais levez-vous pour combattre ces hordes des ténèbres, étant fortifiés dans le Seigneur, et ancrés en Lui, dans la paix éternelle de Dieu qui remplit vos cœurs, Renversez ces puissances invisibles et mettez-les en déroute, par les armes de la prière et de la foi. Souvenez-vous que Dieu est sur Son trône, et que vous êtes assis en Lui, disposant de Sa puissance, "enracinés et établis en Dieu". Si vous savez que vous êtes "forts dans le Seigneur", vous pouvez tranquillement et sûrement passer à l'offensive contre ces dominations et ces puissances ! Vous pouvez vous lever pour combattre avec confiance, parce vous savez que vos "défenses" sont solides !

Vous pourrez ensuite "tenir ferme après avoir tout surmonté". Nous comprenons à présent comment se déroule le combat spirituel : Satan nous attaque, ou attaque notre église. C'est le "mauvais jour". Nous combattons l'ennemi pour le vaincre, et pour repousser cette attaque particulière. Puis nous tenons fermes en Dieu, après avoir remporté une victoire bénie ! Tout cela, nous l'expérimentons du côté "positif" de la croix, celui de la vie de résurrection. Non seulement nous sommes unis à Christ, faisant "un seul esprit" avec Lui, partageant Sa vie de résurrection, et ayant remporté la victoire sur le péché et sur la chair, mais nous sommes aussi unis à Lui pour vaincre les puissances des ténèbres qui s'efforcent de détruire l'Eglise de Dieu et de retarder l'avènement du Seigneur.

Le plus grand besoin des enfants de Dieu aujourd'hui est de répondre à cet appel au combat qui nous est lancé par le Seigneur, de nous fortifier de Sa force, et de nous lever pour affronter l'ennemi. Nous ne devons pas nous contenter de "tenir bon", en criant : "Seigneur, combien de temps cela va-t-il durer ?" Le Seigneur appelle des combattants, qui accepteront de se joindre à Lui pour vaincre toutes les hordes de Satan, dans une victoire glorieuse, et pour détruire ses plans, jusqu'à ce que tous ces vainqueurs soient enlevés dans les airs à la rencontre du Seigneur. Deux ou trois réunions de prières communes peuvent être le moyen stratégique permettant de vaincre une attaque de Satan contre le peuple de Dieu, et de faire progresser l'œuvre du Seigneur ! Si seulement les Chrétiens savaient comment "prier" contre l'ennemi ! Si seulement ils savaient comment occuper leur position en Dieu, et manier l'arme absolue de la victoire de Christ au Calvaire !

(A suivre)



mardi 18 décembre 2012

Le caractère centrale de la croix. 4/10



Article de Jessie Penn-Lewis.

Explication de la loi de la Vie au travers de la mort.
Source http://www.worldinvisible.com/library/jessiepenn-lewis/8791/879104.htm
Nous publions ici une série d'articles correspondant aux différents chapitres d'un livre écrit par Jessie Penn-Lewis. Cette série d'articles est destinée à nous permettre d'approfondir l'œuvre de la croix, essentielle pour notre sanctification.

"En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit" (Jean 12 :24).

J'aimerais à présent parler de l'œuvre subjective de la croix, en tant que loi de vie au travers de la mort, qui nous permet de porter du fruit. Nous devons entrer dans une véritable communion avec Christ dans Sa mort. Il existe une connaissance expérimentale de la croix. L'Esprit de Dieu nous fait concrètement passer par la mort de Christ, puis par la puissance de la vie de résurrection. Il commence à travailler au centre, puis à la circonférence. Sur le chemin de notre communion avec Sa mort, nous apprenons tout d'abord la libération de notre esprit, puis nous découvrons de quelle manière le Seigneur travaille dans le domaine de l'âme, en relation avec l'intellect, les émotions et la volonté, puis, enfin, de quelle manière Il œuvre au niveau du corps.

Je dois ajouter que le Seigneur ne travaille pas toujours dans cet ordre précis. Parfois, les Chrétiens passent par une étape plus avancée, pour revenir ensuite à des domaines plus élémentaires d'apprentissage de la vérité. Cela dépend beaucoup de leur environnement, et de la connaissance dont font preuve ceux qui les aident au début de leur vie chrétienne. En outre, le Seigneur peut travailler très rapidement avec certains. Il adapte Son action aux limites de notre âme, et Ses méthodes, comme Ses opérations, sont très variées (1 Corinthien 12 :6). Nous ne pouvons Lui demander de nous faire tous passer par le même moule de l'expérience.

Revenons à Jean 12 :24 : "En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit". Puis le Seigneur applique cet enseignement pratique à Ses disciples, tout en établissant dans le domaine spirituel une loi similaire à cette loi de la nature. Il leur dit : "Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu'un me sert, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera" (versets 25 et 26).

Manifestement, il ne s'agit pas du même aspect de la croix que celui de la mort au péché. La délivrance du péché, la mort au péché, la délivrance du monde et de la chair, ne sont pas des processus graduels. L'Esprit de Dieu exige une mise à mort complète de tout péché, et de toutes les œuvres de la chair. Dès que nous en sommes conscients, nous devons y renoncer complètement, et non pas "un peu aujourd'hui, et un peu demain" ! C'est pour cela que Romains 6 nous demande de nous "considérer comme morts au péché". Tandis que Jean 12 :24 parle d'une loi graduelle et progressive de la mort, qui agit pour permettre au fruit de se développer.

Il s'agit, non plus de nous séparer de ce qui est mauvais (le péché), mais de nous séparer même de ce qui est licite, de notre vie propre, de tout ce dont nous avons hérité dans notre nature humaine. Satan dit à Dieu, à propos de Job : "Peau pour peau ! tout ce que possède un homme, il le donne pour sa vie" (Job 2 :4). C'est cette "vie personnelle" que le Seigneur nous demande de Lui abandonner, si nous voulons Le suivre, et si nous voulons passer par la mort pour porter du fruit. La vie que nous avons reçue dans notre nature humaine doit passer par la mort, afin que la vie de Dieu puisse nous faire porter Son fruit.

On le voit clairement dans le texte original de Jean 12 :25  : "Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle". Les deux mots traduits par "vie" ne sont pas les mêmes en grec. Le premier mot grec (psuche) désigne la vie naturelle, celle que nous partageons avec le règne animal. Le deuxième mot (zoe) concerne la vie de Dieu, la vie éternelle, celle que le Seigneur nous donne à la nouvelle naissance, et qui nous rend participants de la nature divine. On peut donc lire ce verset de la manière suivante : "Celui qui aime sa vie (naturelle) la perdra (en perdra le fruit dans l'éternité), et celui qui hait sa vie (naturelle) la conservera (la sauvera d'une perte éternelle), pour (bénéficier de) la vie éternelle".

Les enfants du Seigneur sont surtout concernés par la victoire sur le péché, et il est nécessaire qu'ils le soient. Mais, quand ils connaissent le chemin de la victoire sur le péché, ils oublient souvent qu'il existe, sur ce chemin, une étape plus profonde de la croix. Il ne s'agit plus alors simplement du péché, mais de la vie naturelle qui anime leur existence et leurs actions. Comme on a pu le dire, la vie naturelle de l'homme n'a aucune puissance sur le plan spirituel. C'est pour cette raison que certains Chrétiens se fatiguent tellement, sans jamais produire beaucoup de fruit. Ils connaissent la victoire sur le péché, mais ils continuent à être animés par leur vie naturelle, et à faire usage de leurs facultés naturelles. Leur intellect, leurs affections et leurs émotions continuent à être sous le contrôle de leur vie naturelle. Il n'y a, en soi, rien de mal à employer notre intellect ou à laisser s'exprimer nos émotions. Mais ces "qualités" proviennent de la vie de la nature, et non de la "vie de Dieu" que nous avons pourtant reçue en nous. C'est la vie naturelle qui continue à animer de tels Chrétiens, au lieu que ce soit la vie de Dieu qui demeure en eux. Cela signifie que ces Chrétiens sont impuissants dans un conflit spirituel. Un ennemi spirituel ne peut être combattu par "l'homme naturel", ni par des armes naturelles. Par conséquent, dans la mesure où nous sommes animés par la vie naturelle, nous sommes sans puissance dans notre combat contre les puissances des ténèbres. Ce sont des puissances surnaturelles. On ne peut les affronter que par une puissance spirituelle. Même si nous pouvons avoir la victoire sur le péché, dans la limite où nous en sommes conscients, nous avons vraiment besoin d'apprendre comment "haïr", ou rejeter, la vie de notre nature humaine, comme le Seigneur Lui-même a offert Son âme sans péché au Calvaire.

"Si quelqu'un me sert, qu'il me suive", a dit le Seigneur (Jean 12 :26). Il parlait de cette loi spirituelle qui fait jaillir la vie de la mort, et de la nécessité d'offrir en sacrifice notre vie naturelle, pour que puisse se manifester la vie de Dieu, et qu'elle produise du fruit. Au Calvaire, le Seigneur a remis Son Esprit entre les mains du Père. Mais Il a aussi livré Son âme à la mort, et même à la mort de la croix. De même, l'Esprit de Dieu nous conduit sur un chemin où nous aussi, nous devons livrer la vie naturelle de notre âme à la mort, en communion avec notre Seigneur au Calvaire. C'est ce qui se passe quand Dieu nous prend par la main, et nous conduit dans des expériences où nous cessons de dépendre de tout ce dont nous sommes conscients par nos sens. Par exemple, nous cessons de "ressentir" la présence consciente de Dieu d'une manière sensible. Au point qu'il nous semble parfois que nous ayons "perdu" toute notre vie spirituelle. Il ne nous reste plus alors que la possibilité de dire : "Je fais confiance à Dieu d'une manière absolue, sans le secours d'aucune émotion, ni d'aucune expérience sensible. Je marche seulement par la foi !"

"Je vous ai établis afin que vous portiez du fruit" (Jean15 :16), a dit le Seigneur à Ses disciples. Ainsi, au moment favorable, lorsque nous connaissons la victoire sur le péché, le Saint-Esprit nous conduit sur un chemin où notre vie naturelle et émotionnelle s'éteint progressivement, et où, dans une certaine mesure, notre pénible activité intellectuelle perd aussi sa vaine puissance. Le Seigneur emploie différents moyens pour agir dans la vie d'un Chrétien désireux de porter beaucoup de fruit et de suivre l'exemple de son Seigneur, tel un grain de blé tombé au sol pour y mourir !

Pensons un moment à ce qui se passe pour ce grain, en transposant cet exemple à la vie du Chrétien. Ce grain de blé peut avoir une très belle écorce, mais elle est dure. Le germe de vie est enfermé à l'intérieur, et ne peut pas sortir. Enfermé à l'intérieur de cette écorce, il reste stérile. Le seul moyen de permettre à ce grain de produire du fruit, et de former d'autres grains, est de s'enfoncer dans les ténèbres de la terre. Là, il perd son enveloppe extérieure et sa beauté. Il ne jouit plus de la lumière du soleil, dont il jouissait avec les autres grains, quand il était sur l'épi. Alors, la "vie" était belle ! Le grain perd tout en se détachant de l'épi et en tombant dans la terre. Si vous le sortiez de terre après quelque temps, vous ne verriez plus rien de sa belle écorce polie, mais vous apercevriez un petit germe de vie qui commence à pointer. Si ce grain est laissé en terre, pour y livrer toute sa vie, il permettra à une vie nouvelle de sortir de terre pour s'épanouir au soleil. Plus tard, un nouvel épi sera formé, qui produira à son tour trente ou soixante grains.

Si souvent, les enfants de Dieu reculent devant cette vérité de l'Evangile ! Ils veulent "porter du fruit", mais ils refusent de s'engager sur le chemin qui leur permettra justement de porter du fruit. Dans leurs expériences spirituelles, ils refusent de se séparer de la vie naturelle de leur âme. Pourtant, je voudrais vous dire que notre esprit régénéré est constamment plongé dans la vie de Dieu. Tandis que les expériences spirituelles qui sont vécues au niveau de l'âme ou de "l'homme naturel" dépendent des circonstances et de toutes sortes de facteurs extérieurs. Mais quand le Chrétien, tel un grain de blé qui tombe en terre, accepte de mourir à toutes les réalités extérieures, non seulement il peut porter du fruit, mais son esprit pénètre dans une union plus profonde avec Dieu. Quand la vie de l'esprit est fermement établie en Dieu, nous avançons dans la vie spirituelle comme les planètes avancent sur leur orbite autour du soleil. Cette "vie cachée avec Christ en Dieu" (Colossiens 3 :3) est une vie divine immuable. Aucun Chrétien ne peut véritablement la connaître s'il ne se sépare pas des activités de sa nature humaine.

Remarquez encore de quelle manière agit la loi de multiplication dans la fructification du grain de blé. Sur le plan naturel, le Chrétien peut gagner des âmes une à une dans le service de Dieu. Une telle action ne doit pas être méprisée ni rejetée. Mais quand nous permettons à la vie de Dieu d'agir en nous, elle déclenche une loi de multiplication, qui lui permet de produire trente à soixante fois plus de résultats. Cette multiplication ne dépend pas de nos activités propres. C'est la vie de Dieu en nous, quand elle est libérée par la mort de notre vie naturelle, qui donne vie à tout ce qu'elle touche. Quelqu'un a pu comparer cette action avec celle d'une "teinture". Mettez par exemple une seule goutte d'encre ou de lait dans un verre d'eau, et elle "teindra" toute l'eau qu'il contient. De même, si nous avons la vie de Dieu dans notre esprit, et si la vie de notre nature humaine a été mise à mort, toutes les paroles que nous prononcerons seront empreintes de cette vie divine. Même si nous ne prononçons que quelques paroles simples, elles porteront du fruit. Nous pourrons aussi accomplir un acte très simple, mais ce simple acte laissera une empreinte éternelle sur tous ceux qu'il touchera. Oh ! que nous puissions vivre de sorte que tout ce que nous dirons ou ferons soit imprégné de la vie de Dieu ! C'est bien plus précieux pour Dieu et pour les hommes, bien plus fécond pour nous-mêmes, que l'expérience "sensible" la plus merveilleuse, qui ne produit rien d'autre qu'une joie personnelle éphémère. C'est cela qui remplit la vie la plus ordinaire de la présence divine ! C'est tellement simple, que celui qui connaît cette vie ne pense plus qu'à être "fidèle dans les plus petites choses", et ne pense même plus à être "utilisé" par Dieu ou non ! Il ne recherche plus la "puissance", ni "plus de puissance". Il ne s'intéressera plus qu'à demeurer dans la mort de Christ. Alors, sans même qu'il s'en rendre compte, la vie de Dieu, qui peut librement se manifester en lui, va imprégner tout ce qu'il fait, et produire un fruit éternel.

"Produire beaucoup de fruit" ! Silencieusement, discrètement, la vie du grain de blé se manifeste dans le monde des hommes, exactement de la manière qui est toujours celle de Dieu. Le Seigneur ne sonne jamais de la trompette pour proclamer ce qu'Il fait. Il ne clame pas tout haut ce qu'Il a accompli, ni ce qu'Il va accomplir. Si vous Lui demandez quelque chose dans la prière, Il ne va pas vous envoyer un message pour vous dire qu'Il va vous exaucer ! Cela se passe tranquillement, et le monde n'en sait rien ! Oh ! la beauté de ces merveilleuses œuvres silencieuses de Dieu ! Les hommes aiment faire du bruit, et aiment sonner de la trompette. Mais pensez donc à ces faibles enfants de Dieu qui sont dans ce monde comme des grains de blé, qui conduisent à Dieu des âmes à Son image, qui influencent le monde en silence, simplement par ce qu'ils sont, et qui marchent avec Dieu ! Tout ce qu'ils touchent est touché par la vie de Dieu. Leur exemple n'est-il pas bien plus digne de Dieu que celui de ceux qui font des choses spectaculaires, parce que cet exemple est complètement opposé à la manière d'agir des hommes ? Il y a toujours un certain danger à voir les Chrétiens produire des œuvres "merveilleuses", parce qu'elles risquant d'attacher les gens à leur personne. Même sur le plan spirituel, il vaut tellement mieux avoir l'air "ordinaire", et même complètement insignifiant, en raison de notre manque de puissance "visible", tout en laissant Dieu accomplir en silence Son œuvre au travers de nous, et en portant du fruit comme le grain de blé tombé en terre ! Ainsi, nous n'attirerons jamais la moindre gloire sur nous-mêmes et sur notre "merveilleuse" personnalité !

Nous devons savoir où vont nos affections, quand nous parlons de livrer notre vie naturelle à la mort. Il est facile de renoncer à tout, mais moins facile de renoncer à sa propre vie. "Celui qui aime sa vie la perdra !" Cela signifie que nous n'en garderons rien dans l'éternité. Nous pouvons avoir la victoire sur le péché, et en être heureux. C'est très bien, mais si nous "aimons notre vie", même si nous avons renoncé au péché, nous ne disposons pas de cette puissance de vie qui produit du fruit. Nous n'avons pas de puissance pour toucher les autres, et pour les attirer dans la vie céleste. Nous restons attachés à une vie terrestre qui ne peut se multiplier et produire du fruit pour l'éternité. C'est là l'explication de la stérilité et du manque de puissance divine de tant d'églises dans le monde. Elles s'accrochent à leur vie terrestre, à leur vie naturelle, avec tous ses désirs personnels, notamment ses désirs personnels d'un gain quelconque. Une telle vie est incapable de produire du fruit en abondance.

Que faire donc, une fois que nous avons compris ceci ? Nous sommes des êtres responsables. Nous sommes confrontés à un choix. Dieu agit en fonction de nos choix. Il vous suffit de dire : "Seigneur, je choisis Ta vie. Et je Te fais confiance pour la manifester en moi". C'est très simple ! "Je choisis de Te livrer ma propre vie, pour laisser la place à Ta vie !" C'est alors que vous conserverez votre vie "pour la vie éternelle". Faites cette transaction avec Dieu, et ne revenez jamais en arrière. Il vous conduira sur le chemin, comme Lui seul peut vous conduire ! Mais il s'agit de bien plus qu'un choix de la volonté. Nous devons revenir au Calvaire.

Relisons Romains 6 :5. Vous y verrez la même vérité présentée sous une autre forme. Elle vous montre clairement comment un tel "échange de vies" se produit au Calvaire. Dans Jean 12 :24, le Seigneur parle avant tout de Lui-même, mais la même loi s'applique pour Christ et pour les membres de Son Corps. Relisons Romains 6 :5 :

"En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection".

Cela signifie littéralement que nous sommes devenus participants d'une union vitale, comme le greffon reçoit la vie de la plante sur laquelle il est greffé.

Nous retrouvons ici le secret de la vie qui jaillit du grain de blé, dans cette union du Chrétien avec Christ dans Sa mort. "Nous avons été greffés". Qui a fait cette greffe ? Nous ne pouvons pas nous greffer nous-mêmes. C'est l'œuvre du Saint-Esprit. Nous avons été greffés dans la mort de Christ.

Que fait le jardinier quand il greffe une plante ? Il fend l'écorce du support, et glisse le greffon à l'intérieur de l'écorce fendue. Il la fixe avec un lien, qu'il laisse pendant un certain temps. Quand il ôte le lien, que s'est-il passé ? Le support et le greffon sont unis dans une même vie. C'est exactement ce que doit faire le Saint-Esprit pour nous. Nous devons être greffés en Christ dans Sa mort, pour que nous puissions vivre de Sa vie, de Sa propre Vie de Résurrection, celle qu'Il a reçue après Sa mort. Nous devons être rendus participants de cette union vitale, dans laquelle Sa vie devient la nôtre. Mais, pour cela, nous devons livrer notre vie naturelle à la mort.

Romains 11 :17 nous offre un autre exemple similaire :

"Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, qui étais un olivier sauvage, tu as été enté à leur place, et rendu participant de la racine et de la graisse de l'olivier".

C'est ce que Paul écrit aux Gentils qui se sont convertis à Christ. "Si toi, tu as été coupé de l'olivier naturellement sauvage, et enté contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte raison eux seront-ils entés selon leur nature sur leur propre olivier" (verset 24). Il en est de même pour chaque Chrétien, spirituellement. Nous avons été greffés sur Christ, contrairement à notre nature humaine, afin que nous puissions participer à Sa vie de résurrection, et vivre sur cette terre une vie qui est également "contre nature". Nous sommes appelés à vivre sur cette terre une vie que notre "vieille nature" est incapable de vivre. Nous le faisons en étant greffés en Christ d'une manière tellement étroite, que nous "participons à la racine et à la graisse" de Sa vie, qui est la nôtre en Lui.

Permettez-moi de souligner que le fait d'avoir été greffé en Christ dans Sa mort n'est nullement une théorie. Cela ne signifie pas que le Chrétien pourra continuer à vivre de sa vie naturelle et humaine, en appelant cela une "vie de résurrection". Certains Chrétiens, réduits à la plus extrême faiblesse, sont ainsi obligés de prouver la réalité de la vie de Dieu qui les anime. Quand notre existence physique dépend littéralement de notre connaissance de cette réalité de la vie de Dieu en nous, c'est alors que nous savons que Dieu est un Dieu Vivant ! Si la Parole de Dieu n'était pas vraie, et si la puissance de résurrection de Christ n'était pas une réalité, nous ne serions plus vivants ! C'est cela que signifie pour certains : "vivre une vie contre nature", en puisant dans les richesses et la graisse de l'Olivier, Jésus-Christ Ressuscité.

Etudions brièvement comment cette loi de la vie jaillissant de la mort a imprégné toute l'existence de Paul et tous ses écrits. Si vous relisez ses épîtres dans cette lumière, vous verrez quelle était la vie intérieure de Paul. Vous comprendrez la signification de tout ce qu'il a dit et fait, parce que vous connaîtrez vous-mêmes quelque chose de la vie qui l'animait. La vie de Paul fut merveilleuse, et il est possible que tout Chrétien en apprenne le secret. Qu'il plaise à Dieu que, suite à cette Conférence, Dieu appelle certains à aller travailler comme Paul a travaillé, sans se soucier de leur vie propre. Paul était véritablement "greffé" dans la mort de Christ, et il a livré sa vie pour les frères. Chacun de nous peut faire de même. Peu importe si nous sommes jeunes ou vieux, cultivés ou non. Peu importe si nous sommes diplômés de l'université ou non, cette vie qui jaillit de la mort produira ses fruits en nous, et au travers de nous. C'est alors que nous porterons du fruit pour Dieu, partout où nous irons. Personne ne contestera avec une telle personne, car sa vie sera son témoignage. Les hommes ne contestent pas avec ceux qui vivent de la vie de Christ, dans le sacrifice de leur propre vie. Mais nous avons besoin d'ouvrir les yeux, pour comprendre qu'une telle vie ne peut être manifestée en nous que par la mort de Christ au Calvaire. Nous devons comprendre que la vie hors de la mort est une loi universelle, une loi qui sous-tend l'univers entier. C'est la loi du sacrifice substitutif.

Relisons ce remarquable passage de 2 Corinthiens, où Paul décrit ce que peut être la vie d'un grain de blé passé par la mort :

"Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l'extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non perdus ; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. Ainsi la mort agit en nous, et la vie agit en vous" (2 Corinthiens 4 :7-12).

N'est-ce pas tout à fait clair ? Greffé dans la mort de Christ, le Chrétien est chaque jour "livré à la mort", afin que la vie de Jésus soit manifestée en lui. L'un des effets de cette "mort" est le suivant : nous perdons une certaine dureté extérieure, que nous possédons en général dans notre être naturel. Car l'argile constituant le vase de terre agit comme un écran qui masque la vie véritable qui se trouve à l'intérieur. Trop souvent, ceux qui nous entourent ont affaire avec le "vase de terre" extérieur, et pas avec la vie de Jésus qui se trouve à l'intérieur. Mais, quand l'enveloppe du grain de blé se brise et disparaît, nous pouvons manifester une simplicité de comportement et abandonner notre réserve naturelle, permettant ainsi à la vie intérieure de se manifester. Les autres peuvent alors s'approcher de vous sans crainte. Oh ! combien ce pauvre monde qui nous entoure, ainsi que toutes ces âmes solitaires dans l'Eglise, ont besoin de ce "parfum divin" dans la vie des enfants de Dieu ! Certains disent qu'il y a une "barrière" entre patrons et employés. Mais il y a aussi une barrière entre les Chrétiens et ceux qui sont perdus. Cette barrière ne devrait pas exister. Nous ne pouvons pas gagner à Christ ceux que nous voulons gagner, parce que nous gardons cette "enveloppe extérieure", cette "réserve" qui vient de notre coquille charnelle. Nous voulons serrer cordialement les mains, mais nous ne savons pas comment le faire. Oh ! puissions-nous être greffés dans la mort de Jésus, afin que la vie même de Jésus, et Son cœur rempli d'amour pour les âmes, puissent être manifestés en nous et au travers de nous ! Puissions-nous éprouver Son amour pour toutes les âmes que nous rencontrons, et même pour tous ceux que nous côtoyons dans notre travail quotidien ! Un tel amour ne nous conduira jamais à les "forcer" ou à les "pousser", ni à ignorer leurs problèmes, ce que nous faisons quand nous sommes préoccupés par nos propres problèmes.

N'est-il pas merveilleux que le Christ du Calvaire soit d'abord venu vivre la vie qu'Il veut que nous vivions ? "Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix" (Philippiens 2 :4-8).

Jésus S'est dépouillé de Sa gloire. Il est né sur cette terre comme un simple homme. Par Sa mort, et par notre mort en Lui, Il désire nous faire vivre comme Il a vécu, comme pour dire à tous ces pauvres hommes qui vivent dans les ténèbres : "En regardant vivre Mes enfants, vous Me comprendrez, car ils sont animés par le même Esprit qui était en Moi !"

Nous pouvons à présent comprendre pourquoi Paul était capable de dire : "Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous ; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l'achève en ma chair, pour son corps, qui est l'Eglise" (Colossiens 1 :24). Ou encore : "Et même si je sers de libation pour le sacrifice et pour le service de votre foi, je m'en réjouis, et je me réjouis avec vous tous. Vous aussi, réjouissez-vous de même, et réjouissez-vous avec moi" (Philippiens 2 :17-18).

Vous réjouissez-vous quand d'autres "servent de libation" pour vous, par amour pour Christ ? "Oh non !" pourriez-vous dire, "je veux bien servir de libation, mais je ne veux pas que quelqu'un serve de libation pour moi !" Mais il faut beaucoup de grâce pour que certaines personnalités très indépendantes acceptent que quelqu'un "serve de libation" pour elles ! Paul a bien dit : "Et même si je sers de libation pour le sacrifice et pour le service de votre foi, je m'en réjouis… Vous aussi, réjouissez-vous de même…"

Ni Paul, ni personne d'autre, ne doivent être privés de leur fruit, quand ils désirent offrir leur propre vie pour les autres. Quelle souffrance, quand ceux qui ont besoin d'être aidés ne veulent rien recevoir des autres ! Veillez donc à ne pas laisser le "moi" vous contrôler dans une telle situation ! Christ, en vue de la joie qui Lui était réservée, a souffert la croix. Il y a une joie divine dans un sacrifice librement consenti pour les autres. Jésus a dit : "Je vous donne ma joie !" Il leur a dit cela la veille de mourir au Calvaire ! C'est un chemin très concret. Voulez-vous le suivre ? Si vous répondez "Oui !", laissez alors le Saint-Esprit vous diriger, et diriger les circonstances de votre vie. Il saura vous conduire sur Son chemin !

En conclusion, permettez-moi de vous raconter en quelques mots une expérience personnelle. J'étais encore un bébé dans la vie de consécration, quand Dieu a commencé à m'enseigner ces choses. Je me rappelle avoir été un jour littéralement malade de la joie d'avoir été utilisée par Lui pour gagner une âme. Cette joie était si grande que j'ai dit à Dieu : "Seigneur, je ne peux pas la supporter !" Il me répondit doucement : "Comment pourrais-Je donc t'utiliser pour gagner 500 âmes ?" Puis Il ajouta : "Acceptes-tu de renoncer à cette "joie" qui t'épuise, et de Me laisser t'utiliser sans rien recevoir pour toi-même ?" Je compris la sagesse de ces paroles, et je répondis : "Oui, Seigneur !" Par la suite, j'ai pu voir le Seigneur m'utiliser pour bénir merveilleusement les autres, ce qui auparavant m'aurait complètement submergé de "joie", alors qu'à présent, je ne ressentais plus aucun épuisement de ma fragile constitution ! Bref, le secret d'une vie qui porte du fruit consiste à bénir les autres sans rien désirer pour nous-mêmes, en nous livrant complètement entre les mains de Dieu, sans plus nous soucier de ce qui peut nous arriver.

Je dois aussi beaucoup aux livres de Madame Guyon, et à la manière dont elle nous parle de la vie en Dieu. La première fois que j'ai lu le récit de sa vie, j'ai été profondément émue. Je me trouvais dans le presbytère de Richmond, dans le Surrey, dans la chambre de Madame Evan Hopkins. J'étais alors une toute jeune chrétienne. Je n'avais jamais entendu parler de Madame Guyon. Mais là, dans cette chambre, j'ai pris ce livre, et j'ai demandé si je pouvais l'emprunter pour le lire. Je venais de faire la glorieuse expérience du baptême dans le Saint-Esprit. La gloire de la présence consciente et sensible de Dieu était pour moi d'une douceur indicible, à tel point qu'il m'était très difficile d'intéresser mon intellect aux affaires ordinaires de la vie. Mais, en lisant ce livre, j'ai clairement compris le chemin de la croix, et tout ce qu'il devait signifier. Tout d'abord, je repoussai le livre, en disant : "Non ! Je ne marcherai pas sur ce chemin, parce je perdrai ma glorieuse "expérience" !"

Mais, le lendemain, je repris le livre, et le Seigneur me dit doucement : "Si tu veux vivre une vie plus profonde, et avoir une communion ininterrompue avec Moi, engage-toi sur ce chemin !" Je me dis : "Le ferai-je ? Non !" Et je repoussai le livre. Le troisième jour, je repris encore le livre. Le Seigneur me parla à nouveau : "Si tu veux porter du fruit, engage-toi sur ce chemin ! Je ne te prendrai pas cette joie consciente que tu éprouves en ce moment. Tu peux la garder si tu le désires. Mais tu dois choisir entre cette joie, que tu garderas pour toi-même, et le fruit. Que choisis-tu ?" Alors, par Sa grâce, je répondis : "Je choisis le chemin de la mort, pour porter du fruit". Toute expérience consciente cessa aussitôt. Pendant un temps, je marchai dans d'épaisses ténèbres. Madame Guyon appelle ces ténèbres "les ténèbres de la foi". Il me semblait même que Dieu n'existait plus. J'ai pu dire au Seigneur, là encore, par Sa grâce : "Oui, je n'ai que ce que j'ai accepté d'avoir !" Et j'ai continué à avancer. Je ne savais pas quelle allait être la conclusion de ces choses, jusqu'à ce que je participe à quelques réunions. Là, j'ai vu le "fruit". C'était comme si les gens étaient plongés dans un fleuve de vie venant du Ciel ! Ce n'était plus une seule personne qui était bénie, mais tous ont été littéralement submergés par la vie abondante de Dieu, qui les a vivifiés, libérés, et introduits dans une vie nouvelle. Je n'ai pas eu besoin de leur parler personnellement. Il me semblait que je n'avais rien d'autre à faire, que d'annoncer le message que Dieu m'avait donné. Et le Saint-Esprit a fait le reste. A partir de ce moment, j'ai compris, et j'ai su, d'une manière intelligente, que c'était la mort, et non l'activisme, qui pouvait produire du fruit spirituel. Puisse Dieu ouvrir nos yeux pour que nous discernions le chemin, et que nous consentions à suivre Christ, à répondre à Son appel à L'accompagner dans la terre et à y mourir, afin de porter du fruit qui demeurera pour l'éternité !

(A suivre…)



Le verset du moment :


1 Corinthiens 3 : 6

J'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a donné l'accroissement.

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